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Bénédiction sur le jus d'orange pur

Question

Je commence toujours ma journée avec un verre de jus d'orange, et je suis curieux de connaître la bénédiction correcte à réciter. Étant donné que les oranges sont des fruits qui poussent sur les arbres, je dirais normalement 'Borei Pri Ha'etz', mais je me demande si cela s'applique également lorsque le fruit est sous forme de jus. Pourriez-vous me conseiller à ce sujet ?

Réponse

Merci pour votre question.

Cette question est particulièrement pertinente aujourd'hui, car boire du jus d'orange pur est devenu si populaire que de nombreuses oranges sont spécifiquement cultivées pour être pressées en jus. Cela n'a pas toujours été le cas, car le jus de fruits a été initialement développé pour utiliser les fruits restants qui ne pouvaient pas être vendus. Ce changement de concept est très important et pertinent car il impacte la Halacha concernant la Bracha à réciter pour le jus d'orange.

Je vais d'abord présenter la Halacha, puis une explication.

La halacha est que lorsque l'on boit du jus d'orange pur, on doit réciter la Bracha 'She’hakol'. Cependant, si par erreur une personne a récité 'Ha'etz', cela est également valide B'dieved.

Une explication approfondie :

Il semble y avoir une contradiction dans la halacha concernant le jus des aliments.

1. Le Shulchan Aruch (Siman 205:2) écrit que la Bracha pour la soupe de légumes cuits est 'Ha'adamah'. (il est important de noter que ce n'est pas pour toutes les soupes que l'on récite Ha'adamah).

2. Dans (Siman 202,8 et 205,3), il est écrit que le jus pressé de fruits autres que le raisin et les olives doit être 'She’hakol'.

La question est donc, quelle est la différence entre le jus extrait des légumes pendant la cuisson, pour lequel on récite 'Ha'adamah', et le jus qui a été pressé des fruits, que le Shulchan Aruch écrit comme 'She’hakol'?

Il y a au moins cinq explications fournies par les Rishonim, et je voudrais partager deux d'entre elles qui sont pertinentes pour la halacha :

  1. Le Rosh (Traité Berachot, Perek 6, Siman 18) écrit que la qualité et le goût du fruit diffèrent considérablement sous forme de jus, qu'il soit cuit ou pressé. Lorsqu'un légume est cuit, le goût du légume dans le jus est beaucoup plus fort que lorsqu'il est pressé du fruit. Cet avis est mentionné dans le Mishnah Berurah (Siman 205, Se'if Katan 14).
  2. Le Rashboh (Traité Berachos, page 38) écrit que la différence ne dépend pas de savoir si le légume a été cuit ou pressé, mais plutôt du type de légume ou de fruit. Dans le Siman 205, il est question d'un légume qui est généralement cultivé pour être cuit, et donc, la manière habituelle de consommer ce légume est par la cuisson, donc on récite 'Ha'adamah' sur le jus. Cependant, dans le Siman 202, il s'agit d'un fruit qui n'est pas spécifiquement cultivé pour être consommé pour son jus, donc on récite 'She’hakol' sur le jus pressé.

Lors de l'analyse de la bénédiction à réciter sur le jus de fruits pur, cela dépendrait de ces deux opinions des Rishonim. Selon le Rosh, le goût du jus qui est pressé n'est pas assez fort pour réciter 'Ha'etz', par conséquent, on devrait réciter 'She’hakol'.

Cependant, selon le Rashboh, qui écrit que cela dépend du type de fruit, on pourrait soutenir que de nombreuses oranges cultivées aujourd'hui sont spécifiquement cultivées dans le but d'être pressées pour le jus (bien que cela nécessiterait une vérification pour confirmer que c'est bien le cas). Par conséquent, selon le Rashboh, on réciterait 'Ha'etz' sur le jus d'orange pressé.

Le’halacha, le Shulchan Aruch dans Siman 202, Seif 10, apporte les deux opinions et ne détermine pas laquelle doit être suivie.

Cependant, nous trouvons dans (Siman 205, Seif 3, et dans 202, Seif 8) que le Shulchan Aruch écrit le’halacha, que l'on doit réciter 'She’hakol' sur le jus de fruits pressé. Le Shulchan Aruch ne mentionne pas que cela dépendrait de savoir s'ils sont principalement cultivés pour le jus ou non, ce qui ferait une différence selon le Rashboh.

Le Sha’ar HaTziyun (dans Siman 205, Seif Katan 21. Siman 202, Seif Katan 54) explique que puisque cela n'a pas été décidé comment la Halacha devrait être suivie, et puisque selon tous les avis on est exempté avec la bracha de 'she’hakol', le Shulchan Aruch écrit donc que l'on doit réciter 'She’hakol'.

En conclusion, le Sha’ar HaTziyun écrit que le’chatchila, on doit réciter 'She’hakol'. Cependant, si par erreur on récite la bénédiction de 'Ha’etz', cela est également valide B'dieved, car nous nous appuyons sur l'avis du Rashboh cité ci-dessus.

Il y a un ajout intéressant à cela de la part du Chazon Ish (Orach Chaim Siman 33), qui écrit que lorsque l'on presse du jus d'orange, non seulement le jus est extrait, mais beaucoup de pulpe du fruit est également pressée dans la boisson. Par conséquent, il y a encore plus de raisons de dire 'Ha’etz' sur le jus d'orange pressé. Néanmoins, il est rapporté que le Chazon Ish lui-même récitait 'She’hakol' sur le jus d'orange pressé, et comme nous l'avons écrit, B'dieved 'Ha’etz' est également valide.

Je vous souhaite le meilleur.


Source

Shulchan Aruch : Siman 205:2. Siman 202:8. Siman 205:3. Siman 202:10.

Rosh - Traité Berachot, Perek 6, Siman 18.

Rashboh - Traité Berachos, Page 38.

Mishnah Berurah: Siman 205, Se'if Katan 14.

Sha’ar HaTziyun: Siman 205, Se'if Katan 21 Siman 202, Se'if Katan 54.

Chazon Ish Orach Chaim Siman 33.


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