Vente d’une carte de réduction pour des achats au restaurant avant l’ouverture du restaurant
Question
Bonjour,
Le propriétaire d’un restaurant a annoncé qu’avant l’ouverture du restaurant, pendant ces jours-ci, on peut acheter une sorte de carte de membre pour 1 000 NIS, qui donnera droit, lorsque le restaurant ouvrira, à un achat de 1 000 NIS avec une réduction de 25 %, c’est-à-dire une valeur de 1 250 NIS. Est-ce permis ?
Réponse
Shalom ouvracha,
D’après le Choulhan Aroukh, si le propriétaire du restaurant possède déjà les produits à partir desquels il préparera les plats (et qu’il ne leur manque pas encore trois étapes de travail pour devenir un plat prêt à servir), c’est permis.
Cependant, selon le Rema, c’est interdit, puisqu’il précise deux prix. Néanmoins, il y a lieu de permettre de deux manières : a) si l’on peut également payer la carte en paiement différé, par exemple par chèque postdaté ou en plusieurs fois ; b) s’il ne précisait pas qu’il accorde une remise de 25 %, mais ne faisait que s’engager sur un certain montant de plats que les clients recevront, et qu’il les donnerait avant de fixer publiquement leur prix pour tous les clients du restaurant (dans ces deux cas, cela est permis même si le propriétaire du restaurant ne possède pas encore les produits).
Source
Au siman 173, paragraphe 7, concernant les lois de la « fixation d’un prix à tarif réduit », le Choulhan Aroukh et le Rema sont en désaccord pour savoir si le fait que le vendeur possède déjà la marchandise est efficace lorsqu’il précise deux prix ou non. Les deux possibilités de permission sont les suivantes : si l’on peut payer d’une manière telle qu’aucun prêt ne soit créé, alors même lorsqu’en pratique il y a un prêt, il n’apparaît pas clairement qu’il accorde la réduction en échange de l’attente, et puisque cela constitue des intérêts sous la forme d’une vente, c’est permis. Ou bien, dans un cas où il ne précise pas deux prix, et même s’il ne possède pas encore les produits et que le cours du marché n’a pas encore été fixé, c’est permis selon le Rema, qui autorise la fixation d’un prix réduit pour un article dont la valeur n’est pas connue. Les décisionnaires posent une question au Rema : justement, le fait que la valeur ne soit pas connue devrait conduire à la rigueur, puisque le prix du marché n’est pas encore établi. Be’er HaGola explique que, pour un article dont le prix n’est pas connu, si les prix augmentent, le vendeur peut fournir un produit de moindre valeur, puisqu’il ne s’est pas engagé sur un objet précis. La conséquence pratique, d’après Be’er HaGola, est que si l’on a fixé un prix pour un appareil électrique dont le prix n’est pas encore connu, on ne peut malgré tout pas le remplacer par un autre modèle ; en revanche, pour des plats de restaurant, il peut composer les menus de manière à ce qu’ils lui reviennent moins cher, de sorte que le vendeur ne perde pas à cause de la hausse des prix. Dans ce cas, le fait d’appeler cela une « carte de membre » n’aide en rien, car il est manifeste qu’il ne s’agit pas d’une véritable carte de membre. La raison pour laquelle l’achat d’une vraie carte de membre est permis est que l’acheteur acquiert une adhésion parmi les clients du magasin, et que la carte elle-même et l’adhésion valent la somme symbolique que coûte la carte ; une fois qu’il a acquis ce droit, il bénéficie d’une année entière de réductions. Ici, cependant, la nature du « club » est différente et limitée à un montant d’achats assorti d’une réduction déterminée, et il est certain qu’il ne s’agit pas d’un achat d’adhésion, mais bien d’un prêt à intérêt, a fortiori.