Visite des malades via FaceTime
Question
Réponse
Merci pour votre question.
Visiter les malades est une mitzvah très spéciale, et il est dit dans le Talmud que l'on profite des fruits de cette mitzvah dans ce monde, tandis que la récompense principale est préservée par Hachem pour le monde à venir. Explorons comment accomplir au mieux cette mitzvah avec l'aide de la technologie moderne.
Le Traité Nedarim du Talmud, page 40a, raconte que lorsqu'un élève de Rabbi Akiva est tombé malade, aucun des sages ne l'a visité sauf Rabbi Akiva. Il a rangé et balayé la chambre de l'élève, ce qui l'a ranimé. L'élève a dit à Rabbi Akiva : "Mon maître, tu m'as ranimé !" Rabbi Akiva a enseigné que négliger de visiter les malades équivaut à verser du sang, illustrant l'impact profond des soins personnels.
Cette histoire souligne que visiter les malades, bikur cholim, implique plus que de simples conversations — cela inclut de contribuer activement au bien-être de la personne malade.
Le Beit Yosef (Yoreh Deah, section 335), citant le Ramban de "Torat HaAdam", écrit que la mitzvah de visiter les malades implique plusieurs aspects :
- Répondre à leurs besoins physiques, comme s'assurer qu'ils ont des médicaments, de la nourriture et un environnement propre, ce qui aide à la guérison. Ce concept est également reflété dans le double sens du mot hébreu 'bikur', qui signifie à la fois "visiter" et "enquêter". Par exemple, dans Lévitique 19:20, 'bikur' se réfère à l'examen d'un sacrifice pour des défauts, suggérant que de même, bikur cholim (visiter les malades) devrait inclure la vérification si les besoins de la personne malade sont satisfaits.
- Engager la personne malade dans une conversation pour la distraire de sa maladie. Cette interaction ne sert pas seulement de distraction, mais peut également avoir un impact positif sur leur bien-être émotionnel, ce qui est souvent bénéfique pour leur processus de guérison global. En se concentrant sur des sujets extérieurs à leurs problèmes de santé, vous pouvez offrir un sentiment de normalité et de soulagement, ce qui peut aider à leur guérison.
- Prier pour la personne malade tout en étant physiquement présent avec elle est particulièrement significatif pour deux raisons. Premièrement, comme noté dans le Talmud, la présence divine, connue sous le nom de Shechinah, réside au-dessus de la tête du malade, c'est donc une opportunité de prier pour le rétablissement complet du patient. Deuxièmement, être en présence du malade permet de témoigner de ses souffrances de première main, ce qui affectera la compassion et la sincérité des prières. Cependant, Rabbi Shlomo Zalman Auerbach met en garde dans son livre "Halichos Shlomo" que prier ouvertement en présence du patient pourrait involontairement lui causer de la détresse en soulignant la gravité de son état. Par conséquent, il suggère qu'il pourrait être préférable de simplement souhaiter une 'Refua Shlema' — un prompt rétablissement — ce qui transmet adéquatement des prières pour la santé sans accabler le patient.
Pour résumer, réaliser pleinement les trois aspects de la mitzvah de bikur cholim nécessite généralement une visite physique. Cependant, Rabbi Moshe Feinstein, dans Igrot Moshe Yoreh De'ah Volume 1, Responsum 223, note que si les visites personnelles ne sont pas possibles, peut-être en raison de maladies contagieuses ou d'autres obstacles, on devrait néanmoins s'efforcer d'accomplir cette mitzvah au mieux de ses capacités en utilisant des alternatives telles que les appels téléphoniques ou, comme vous l'avez mentionné, FaceTime. Des actions comme s'assurer que le patient a tout ce dont il a besoin et l'engager dans une conversation pour détourner son attention de sa maladie restent des éléments significatifs de cette mitzvah importante.
Je voudrais conclure en soulignant le bénéfice profond de visiter les malades, une vertu qui n'est peut-être pas largement reconnue. Dans le Traité Nedarim, page 40a, Rav déclare : "Quiconque visite les malades sera épargné des tourments de la Géhenne (enfer), comme il est écrit : 'Béni soit celui qui considère le pauvre ; le Seigneur le délivrera au jour du malheur.' Ici, 'le pauvre' se réfère spécifiquement aux malades. Quelle est donc sa récompense dans ce monde ? Le Seigneur le protégera et le soutiendra ; il sera béni sur terre et ne tombera pas entre les mains de ses ennemis."
Je vous souhaite beaucoup de succès.
Source
- Talmud, Traité Nedarim, page 40a.
- Beit Yosef, Yoreh Deah, section 335, citant Ramban de "Torat HaAdam".
- "Halichos Shlomo" par le Rabbi Shlomo Zalman Auerbach.
- Igrot Moshe Yoreh De'ah Volume 1, Responsum 223, par le Rabbi Moshe Feinstein.