Lumière intelligente pendant le Shabbat
Question
Réponse
Comme nous le savons, effectuer ou activer toute melacha pendant le Shabbat n'est pas autorisé. Cependant, il y a des cas où, si une melacha se produit d'elle-même et que l'on n'a pas l'intention de l'initier, elle est parfois permise, mais comprendre les directives détaillées de cette halacha complexe est essentiel.
Par exemple, si vous marchez dans la rue et qu'un capteur d'une maison voisine allume une lumière à votre passage, devez-vous traverser la rue pour l'éviter ? La réponse est non. Puisque vous n'avez pas l'utilité de la melacha et que vous n'avez pas l'intention qu'elle se produise, vous pouvez continuer votre chemin.
Dans le cas où un tel capteur se trouve dans votre propre maison, il serait clairement interdit de passer intentionnellement devant et de l'activer. Concernant votre situation spécifique, la question est de savoir si vous devez quitter une pièce, ce qui déclenchera les capteurs pour éteindre les lumières. Ce scénario est connu sous le nom de "pesik reishe", où, bien que vous puissiez ne pas vous soucier que les lumières s'éteignent, votre action les fera directement s'éteindre. Puisque cela entraîne l'extinction des lumières, cela est considéré comme si vous aviez activement éteint les lumières, ce qui est interdit pendant le Shabbat. Ainsi, vous seriez obligé de rester dans la pièce pendant tout le Shabbat. Il est compréhensible que l'on puisse se demander : "Quel genre de Shabbat sera-ce si je suis coincé dans une pièce ?" Il est important d'apprécier que respecter strictement les lois du Shabbat dans une telle situation est considéré comme honorant le Shabbat (kavod Shabbat), et chaque moment passé en conformité est considéré comme accomplissant une mitzvah significative.
Une solution alternative est que quelqu'un prenne votre place pour qu'il y ait toujours quelqu'un dans la pièce, empêchant le capteur d'être activé. Par exemple, je me souviens de quelqu'un qui a fait face à ce problème dans une chambre d'hôtel ; ils ont géré la situation en se relayant pour rester dans la pièce afin que les lumières ne s'éteignent pas.
Une autre option est de demander à un non-juif d'entrer dans la pièce, puis le juif peut sortir et ensuite le non-juif peut partir (cela est permis car c'est considéré comme amirah le’akum sur un issur qui est fait par pesik reisha)
Néanmoins, il y a des cas où si l'on est piégé dans un endroit particulièrement inconfortable, comme des toilettes, (ne pouvant pas faire aucune des options ci-dessus) et qu'il est très difficile d'y rester pendant tout le Shabbat, alors il y a place pour la clémence. Cela est basé sur le pesak de la Mishnah Berurah, siman 316, se'if 5, au nom du Chayei Adam. Le Shulchan Aruch Orach Chayim, Hilchot Shabbat, siman 316, se'if 1, discute de ne pas piéger un oiseau d'une manière qui accorde un contrôle total sur lui. Si le piégeage se produit dans une pièce où le contrôle sur l'oiseau est limité, c'est "Patur aval assur"—non interdit bibliquement mais interdit rabbinique.
Par conséquent, la Mishnah Berurah écrit, si un oiseau entre dans une pièce, fermer la fenêtre n'est pas considéré comme un piégeage au niveau de la Torah puisque le contrôle total sur l'oiseau n'est pas atteint. Néanmoins, c'est interdit rabbinique. Cependant, si laisser la fenêtre ouverte causerait un inconfort dû au froid qui entre par la fenêtre ouverte, alors la fermer est permis parce que le Chayei Adam note qu'une melacha mi’derabanan faite sans aucune intention pour le résultat, et avec une intention complètement différente, est autorisée dans de tels cas, même si cela entraîne une melacha inévitable (pesik reishe).
Comme nous l'apprenons de la Mishnah Berurah, dans les cas de détresse où la melacha est rabbinique, on peut agir pour alléger la situation, car l'intention n'est pas pour le résultat de la melacha. De même, dans le contexte d'éteindre une lumière, ce qui est considéré comme une melacha derabanan (une des raisons pour lesquelles c'est miderabanan est que le Talmud traité Shabbat page 134a écrit que l'extinction des tiges de fer chaudes est une melacha derabanan ; de même, ceux qui soutiennent que l'électricité provoque le chauffage du fer, et est une melacha de mavir, cependant l'éteindre sera considéré comme une melacha derabanan) et en quittant la salle de bain, on n'a pas l'intention et aucun intérêt à éteindre les lumières, donc on peut être indulgent pour quitter la salle de bain pendant le Shabbat, même si cela entraînera l'extinction de la lumière.
Je vous souhaite tout le meilleur.
Source
Shulchan Aruch Orach Chayim, Hilchot Shabbat, siman 316, se'if 1
Mishnah Berurah, siman 316, se'if
Chayei Adam
Talmud Traité Shabbat, page 134a