Directives brèves pour le jeûne de Ticha BeAv repoussé | Demandez au rabbin en ligne - Site SHEILOT

Directives brèves pour le jeûne de Ticha BeAv repoussé

Directives brèves pour le jeûne de Ticha BeAv repoussé

Ces directives concernent le cas où le 9 Av tombe un Chabbat et où le jeûne est repoussé au dimanche, comme ce sera le cas cette année 5782, et de nouveau en 5789, avec la prière que, dès cette année, le Beth HaMikdach soit reconstruit et que ces lois ne soient plus pertinentes.

Concernant les directives pour le Chabbat lui-même, voir un article séparé. Dans ces directives sont présentées les lois du jeûne, avec un accent sur les changements nécessaires et les halakhot particulières d’un jeûne repoussé.

Début du jeûne

1. Cette année, le jeûne commence immédiatement au coucher du soleil. Toutefois, contrairement aux autres années où l’on prend une séouda mafseket avec diverses lois de deuil, cette année on prend la troisième séouda normalement, avec une seule restriction : ne pas prendre ce repas avec des amis et dans la joie. Mais si l’on a l’habitude de manger à la synagogue, c’est permis, afin qu’il n’y ait pas de deuil public.

2. Depuis le coucher du soleil jusqu’à la sortie des étoiles, c’est bein hachmachot, un temps douteux : peut-être encore Chabbat, peut-être déjà Ticha BeAv. À partir du coucher du soleil s’appliquent les interdits de Ticha BeAv concernant manger, se laver, s’oindre et étudier la Torah. C’est pourquoi, après le coucher du soleil, il est totalement interdit de manger et de boire, ainsi que de laver toute la main, bien que ce soit encore un doute de Chabbat. En revanche, les actes par lesquels il est manifeste que l’on observe le deuil pendant Chabbat — par exemple s’asseoir par terre, retirer ses chaussures, changer les vêtements de Chabbat pour des vêtements de semaine — puisqu’il s’agit d’un deuil public, ne se pratiquent qu’après la sortie des étoiles, lorsque Chabbat est certainement terminé.

3. Certains sont scrupuleux, pendant ce temps douteux, de ne pas s’asseoir sur une chaise mais aussi de ne pas s’asseoir par terre, d’une manière non visible ; de même, ils retirent leurs chaussures d’une manière non visible. Par exemple, celui qui a l’habitude de marcher chez lui en pantoufles peut marcher chez lui en pantoufles, mais il évite de sortir de la maison jusqu’à la sortie des étoiles, car il n’a pas l’habitude de sortir de chez lui en pantoufles ; ainsi le deuil n’est pas visible publiquement.

4. Si, au coucher du soleil, il n’a pas encore récité le Birkat Hamazon, il peut faire mayim acharonim après le coucher du soleil.

5. Il faut débarrasser la table seulement après la sortie des étoiles, en raison de l’interdit de préparer de Chabbat pour la semaine, comme chaque Chabbat. Mais s’il a terminé le repas alors qu’il fait encore largement jour, il peut débarrasser la table pendant Chabbat, car cela le dérange pendant Chabbat de rester au salon avec une table pleine de vaisselle et de restes.

6. A priori, il faut laver la vaisselle le dimanche après midi halakhique ; mais celui qui se montre indulgent et la lave à la sortie de Chabbat a sur qui s’appuyer.

Prière d’Arvit

7. Dans certains endroits on retarde la prière d’Arvit ; alors on retire les chaussures et on change les vêtements de Chabbat après la sortie des étoiles.

8. Dans les endroits où l’on ne retarde pas Arvit, après la récitation de Barekhou et la sortie des étoiles on retire les chaussures, et après la prière il faut changer les vêtements de Chabbat. [Le ‘hazan retire ses chaussures avant de dire Barekhou, et dira auparavant : « Baroukh hamavdil bein kodech le’hol ».]

9. Il ne faut pas préparer avant la fin de Chabbat le livre des kinot ou la Meguilat Eikha.

10. Il ne faut pas préparer les bancs à la synagogue avant la fin de Chabbat.

Havdala

11. Cette année, on ne fait pas la havdala à la sortie de Chabbat, puisqu’il est impossible de boire une coupe de vin ; on fait la havdala seulement à la sortie du jeûne. Toutefois, on s’acquitte de la havdala en disant « Ata ‘honantanou » dans la prière d’Arvit, et après cela il est permis d’accomplir des melakhot.

12. Les femmes qui n’ont pas prié Arvit, ainsi qu’un homme qui a oublié de dire « Ata ‘honantanou » dans la prière, doivent se rappeler de dire : « Baroukh hamavdil bein kodech le’hol ».

13. On récite la bénédiction « Boré méoré haech » sur la bougie, et les femmes peuvent également la réciter. On ne récite pas de bénédiction sur les aromates.

Havdala pour un malade

14. Un malade qui mange à Ticha BeAv, cette année où le jeûne commence à la sortie de Chabbat, doit faire la havdala sur une coupe avant de manger. Même s’il tombe malade au milieu de Ticha BeAv, il doit faire la havdala sur une coupe.

15. Une personne en bonne santé qui a entendu la havdala d’un malade qui interrompt le jeûne et a fait la havdala est quitte de son obligation, et n’a pas besoin de refaire la havdala à la sortie du jeûne.

16. Une femme qui mange avec permission à Ticha BeAv fera la havdala et boira elle-même la coupe [et il n’y a aucune crainte à cela, ni dans le fait de faire la havdala ni dans le fait de boire la coupe]. Certains disent que son mari ou quelqu’un d’autre peut aussi faire la havdala pour elle, et elle boira la coupe ; dans ce cas, celui qui fait la havdala s’acquitte ainsi de son obligation de havdala.

17. Une femme à qui il est interdit de boire du vin ou du jus de raisin et qui doit interrompre le jeûne fera la havdala et donnera à un enfant arrivé à l’âge du ‘hinoukh [5–6 ans] de boire la coupe. S’il n’y a pas d’enfant pour boire la coupe pour elle, elle peut manger sans havdala et écoutera la havdala à la sortie du jeûne.

18. Ceux qui font la havdala pendant le jeûne récitent « Boré peri hagafen » et « Hamavdil bein kodech le’hol ». [S’il fait la havdala à la sortie de Chabbat et n’a pas encore récité « Boré méoré haech », il la récitera dans la havdala ; mais s’il fait la havdala dimanche matin, ou s’il a déjà récité la bénédiction sur le feu, il ne la récite pas dans la havdala.] On ne dit pas les versets qui précèdent la bénédiction de havdala — « Hiné Kel yechouati... » selon l’usage ashkénaze, « Verichon leTsion... » selon l’usage séfarade, etc. — et on ne récite pas de bénédiction sur les aromates.

19. Même celui qui ne fait pas la havdala récite la bénédiction sur les lumières à la sortie de Chabbat, car cette bénédiction ne se récite qu’à la sortie de Chabbat. [On peut la réciter jusqu’à l’aube.]

20. Ceux qui font la havdala pendant le jeûne feront de préférence la havdala sur du jus de raisin. [Et même une femme qui fait la havdala boit le jus de raisin, comme indiqué plus haut.]

21. Un malade qui n’a pas besoin de manger à Ticha BeAv, mais qui doit boire, et qui ne boit que de l’eau sans manger, n’a pas besoin de faire la havdala avant de boire.

22. Un mineur jusqu’à la bar-mitsva qui mange à Ticha BeAv n’a pas besoin de faire la havdala ; il écoutera la havdala à la sortie du jeûne.

Lois du malade qui mange à Ticha BeAv

23. Un malade qui mange du pain à Ticha BeAv doit se laver les mains normalement, et fera aussi mayim acharonim.

24. Un malade qui mange n’a pas besoin de prendre un repas de mélavé malka.

25. Les décisionnaires discutent s’il faut mentionner « Na’hem » dans le Birkat Hamazon avant « Ouvné Yerouchalayim » ; en pratique, l’usage est de ne pas le dire.

Quel malade peut manger

26. Cette année, où le jeûne est repoussé, les femmes enceintes et allaitantes pour qui c’est difficile sont exemptées du jeûne.

27. Un malade sans danger vital, alité à cause de sa maladie ou dont tout le corps est malade et qui ne fonctionne pas, est exempt du jeûne. Cette année, même celui qui a des malaises plus que d’habitude, bien qu’il ne soit pas dans la catégorie de malade sans danger vital et qu’il lui serait interdit de prendre des médicaments pendant Chabbat, est exempt du jeûne.

28. Celui qui souffre de migraine est exempt du jeûne.

29. Celui qui a 38 degrés de fièvre est exempt du jeûne.

30. Une accouchée jusqu’à trente jours après l’accouchement est exemptée du jeûne même si elle n’allaite pas.

31. Les enfants jusqu’à l’âge des mitsvot sont exemptés du jeûne.

32. Même celui qui ne jeûne pas ne mangera pas de sucreries ni de viande.

33. Ceux pour qui l’épaississement du sang est dangereux doivent boire ; c’est pourquoi les malades cardiaques et les malades du coronavirus n’ont pas le droit de jeûner sans autorisation du médecin, même s’ils se sentent bien.

34. Celui qui jeûne et ressent des vertiges pendant le jeûne arrêtera le jeûne. Celui dont la tension artérielle n’est pas équilibrée ne jeûnera pas.

35. Une femme enceinte qui se sent bien, mais dont l’hémoglobine est basse [moins de 10 ; au-dessus de 10 elle demandera], ou en cas de grossesse gémellaire, ou s’il y a des saignements pendant la grossesse, ou de fortes nausées, ou des vomissements répétés, ou un diabète gestationnel, ou un placenta prævia, ou des contractions précoces — dans tous ces cas, elle ne jeûnera pas même lors d’un jeûne ordinaire non repoussé.

36. Un diabétique, même s’il n’a pas besoin d’insuline et ne prend que des comprimés, ne jeûne pas.

37. Celui qui doit prendre des comprimés à Ticha BeAv, par exemple une fiancée avant son mariage ou pour tout autre besoin, peut les prendre à Ticha BeAv. S’il est impossible d’avaler sans un peu d’eau, il faut y ajouter un goût amer [par exemple une infusion très forte de camomille sans sucre], et il est alors permis d’avaler le comprimé avec.

Interdiction de se laver à Ticha BeAv

38. Se laver est interdit à Ticha BeAv, que ce soit à l’eau chaude ou à l’eau froide ; il est même interdit de mettre un doigt dans l’eau.

39. Se laver pour enlever de la saleté est permis.

40. Si un enfant s’est sali et qu’il faut le laver, il est permis de le faire, même si les mains de l’adulte se mouillent pendant qu’il lave l’enfant.

41. On fait la nétilat yadaïm du matin trois ou quatre fois [chacun selon son usage] seulement jusqu’à la fin des articulations des doigts.

42. Un malade et un mineur, avant de manger du pain, se lavent les mains normalement, et font aussi mayim acharonim normalement. Les cohanim, avant la bénédiction sacerdotale, se lavent les mains normalement.

43. Il est interdit de laver les yeux avec de l’eau le matin pour les nettoyer ; mais après avoir essuyé ses mains de la nétilat du matin, si ses mains sont encore un peu humides, il est permis de les passer sur les yeux.

44. Se rincer la bouche et se brosser les dents avec du dentifrice n’ont été permis qu’en cas de grande souffrance ; on inclinera la tête vers le bas afin de ne pas avaler d’eau.

45. Celui qui a fait ses besoins, grands ou petits : s’il s’apprête maintenant à prier, il se lave les mains jusqu’à la fin des articulations des doigts ; s’il ne prie pas maintenant, les décisionnaires discutent s’il est permis de se laver les mains. C’est pourquoi, a priori, il touchera des parties couvertes du corps, et alors selon tous les avis il est permis de se laver les mains.

46. Pour les besoins de la cuisine de la sortie du jeûne, il est permis de laver les aliments, et il est également permis de laver la vaisselle, même si les mains se mouillent, car seule l’humidification des mains dans le but de se laver a été interdite.

47. Une mariée pendant les 30 premiers jours après son mariage peut se laver le visage afin de ne pas être déplaisante à son mari.

Interdiction de s’oindre

48. Il est interdit de s’oindre d’huile, de savon ou de crème, même sur une partie du corps, pour le plaisir. C’est pourquoi il est interdit de se maquiller et de se parfumer à Ticha BeAv, à l’exception d’une mariée pendant les 30 premiers jours après son mariage, à qui cela est permis afin de ne pas être déplaisante à son mari.

49. L’onction à des fins médicales est permise ; il est donc permis d’appliquer une pommade sur une plaie, ainsi que d’appliquer un baume sur des lèvres gercées par la sécheresse, et il est même permis d’appliquer une pommade contre les moustiques.

50. L’onction pour enlever la saleté est permise ; il est donc permis d’utiliser un déodorant pour prévenir une mauvaise odeur, puisqu’il ne le fait pas pour le plaisir. Mais lorsque le but de l’onction est de donner une bonne odeur, c’est interdit.

Port des chaussures

51. Il est interdit de porter des chaussures faites de cuir, et même si elles sont faites d’un autre matériau mais seulement recouvertes de cuir, c’est interdit.

52. Chaussures en cuir pour enfants : selon l’avis du ‘Hokhmat Adam, il n’y a pas d’obligation de ‘hinoukh pour un mineur à Ticha BeAv à ce sujet, puisqu’il s’agit d’une chose qui comporte de la souffrance et qu’on n’en a pas rendu le mineur responsable. Toutefois, de nos jours, où il est courant de pouvoir se procurer des chaussures qui ne sont pas en cuir, il faut veiller à ce que même un mineur [même avant l’âge du ‘hinoukh] ne porte pas de chaussures en cuir.

Dire bonjour

53. Il est interdit de dire « chalom » à son prochain à Ticha BeAv, et il est également interdit de dire « bonjour » et autres formules semblables.

54. Si une personne qui ne connaît pas la halakha salue, on lui répond à voix basse et avec gravité.

55. Il est permis de hocher la tête en signe de salut.

Étude de la Torah à Ticha BeAv

56. À Ticha BeAv, il est interdit d’étudier la Torah, sauf des sujets tristes de réprimandes et de calamités, ainsi que des sujets liés à la destruction ou aux lois du deuil. Cet interdit relève du principe de la loi et s’applique toute la journée de Ticha BeAv, même après midi. Nous détaillons différents sujets que l’on peut étudier à Ticha BeAv.

57. Il est permis d’étudier les lois du deuil : dans la Michna ou la Guemara, traité Mo’ed Katan, chapitre trois [de la page 13b à la page 29a] ; ainsi que dans le Choulhan Aroukh, lois du deuil [Yoré Déa, simanim 340 à 403].

58. Il est permis d’étudier les lois en vigueur à Ticha BeAv : dans la Guemara à la fin du traité Ta’anit [Talmud de Babylone, de la page 28b à la page 30b, ainsi que dans le Talmud de Jérusalem] ; ainsi que dans le Choulhan Aroukh, lois de Ticha BeAv [Ora’h ‘Haïm, simanim 549 à 561].

59. Aggadot de la destruction : dans le traité Guitin [de la page 55b à la page 58a], dans le traité Sanhédrin [de la page 96a à 96b ; et de la page 104a à 104b].

60. Il est permis de lire le livre Yossipon, ainsi que Eikha, le Midrach Eikha et ses commentateurs, les passages de réprimandes et de prophéties de malheur dans le livre de Yirmeyahou ; mais lorsqu’on arrive aux versets de consolation, il faut les sauter ; de même le livre de Iyov et ses commentateurs.

61. Des livres sur l’histoire du peuple d’Israël aux époques des différentes persécutions, ainsi que des livres sur la Shoah.

62. Il est permis de lire des livres de moussar.

63. Les décisionnaires discutent s’il est permis de dire des Tehilim ; on peut être indulgent pour les femmes.

Coutumes de Ticha BeAv

64. Toutes les lois que nous avons écrites plus haut sont interdites par décret des Sages et sont mentionnées dans la Guemara, et elles sont interdites toute la journée. Cependant, il y a des pratiques que l’on a l’usage de faire à Ticha BeAv : s’asseoir par terre et s’abstenir de travail ; ces coutumes ne s’appliquent que jusqu’à midi.

70. On a l’usage de s’asseoir par terre [cette année, seulement après la sortie de Chabbat] jusqu’à midi ; celui pour qui il est difficile de s’asseoir par terre peut s’asseoir sur une chaise plus basse que d’habitude.

71. Une personne âgée, faible, une femme enceinte ou une accouchée pour qui il est difficile de s’asseoir sur une chaise basse peuvent s’asseoir sur une chaise normale.

72. En voiture et en autobus, il est permis de s’asseoir normalement.

73. Celui qui soulève le Séfer Torah s’assoit sur une chaise normale.

74. La nuit de Ticha BeAv et le jour jusqu’à midi, on a l’usage de ne pas faire de travail qui prend un peu de temps. C’est pourquoi il ne faut pas laver la vaisselle ni ranger la maison jusqu’à midi. Mais une action légère qui ne prend pas de temps, comme allumer une lumière ou actionner un interrupteur électrique, est permise. Après midi, l’usage est d’être indulgent pour tous les travaux, à condition de ne pas s’installer maintenant pour s’occuper d’un travail.

75. Celui qui veut couvrir un livre, taper un document, faire une valise, etc. : s’il s’agit de quelque chose de court, c’est permis après midi ; mais si cela prend un certain temps, c’est interdit.

76. L’interdit de s’occuper d’un travail a pour but de ne pas détourner son esprit du deuil ; c’est pourquoi il ne faut pas lire les journaux ni jouer aux échecs, etc. Toutefois, une personne qui souffre beaucoup du jeûne et pour qui, sans cela, il serait difficile de jeûner, peut se montrer indulgente.

77. Une personne doit prendre un jour de congé à Ticha BeAv si son travail ne le lui donne pas de lui-même, sauf si la prise de congé entraîne un dommage, que ce soit pour l’employé, l’employeur ou le client. Il est préférable qu’elle travaille après midi. Mais un manque à gagner n’est pas considéré comme un dommage, et en raison d’un manque à gagner on ne peut pas lui permettre d’aller travailler.

78. Celui qui fait un travail à Ticha BeAv n’y voit pas de signe de bénédiction.

79. Il est permis de donner aux enfants des activités manuelles à faire à Ticha BeAv s’il est nécessaire de les occuper, même s’ils ont atteint l’âge du ‘hinoukh, et il est également permis de les envoyer en centre aéré.

80. L’ouverture d’une épicerie n’est pas incluse dans l’interdit de travail, mais les magasins qui ne vendent pas de nourriture sont interdits jusqu’à midi.

81. Laver la vaisselle est permis après midi ; si elle est nécessaire le jour même de Ticha BeAv, on peut la laver même avant midi, et il est préférable d’utiliser des gants. Mais si l’on lave pour le repas du soir, il n’y a pas besoin de gants.

82. Les Séfarades ont l’usage que les femmes lavent le sol après midi, afin de renforcer dans leur cœur la foi en la délivrance ; les Ashkénazes n’ont pas cet usage, mais même pour les Ashkénazes il n’y a pas d’interdit selon le principe de la loi.

83. La halakha est qu’à la synagogue on allume l’éclairage au minimum nécessaire pour la prière et la lecture, car il est dit : « Il m’a fait habiter dans les ténèbres » ; par l’absence de lumière forte, on ressent le deuil. C’est pourquoi, à la maison aussi, il faut diminuer la lumière autant que possible.

84. Il faut diminuer les plaisirs corporels à Ticha BeAv. Fumer une cigarette électronique est interdit dans tous les cas. Fumer une cigarette ordinaire a été permis après midi, discrètement, pour celui à qui il est très difficile de s’en passer. [Toutefois, il faut veiller à s’abstenir de fumer toute l’année en raison du danger que cela comporte.]

Sommeil la nuit de Ticha BeAv

85. On récite le Keriat Chema al hamita la nuit de Ticha BeAv comme d’habitude.

86. Une personne doit s’affliger dans la manière de se coucher la nuit de Ticha BeAv. Par exemple, celui qui a l’habitude de dormir avec deux oreillers dormira avec un seul ; celui qui a l’habitude de dormir avec un seul dormira sans oreiller [s’il peut s’endormir ainsi]. Certains ont l’usage de poser le matelas par terre et de dormir dessus. Une personne faible à qui cela nuirait à un bon sommeil n’a pas besoin d’être rigoureuse et dort comme à son habitude.

Sortie du jeûne

87. Il est interdit de goûter quoi que ce soit à la sortie du jeûne tant qu’on n’a pas fait la havdala sur une coupe. Toutefois, il est permis de boire uniquement de l’eau après le jeûne sans havdala.

88. Une femme qui a jeûné et dont le mari tarde à la synagogue doit faire la havdala ; elle peut faire la havdala pour elle-même et boire la coupe sans crainte.

89. Cette année, où le jeûne est repoussé, la lessive, la coupe de cheveux, le lavage et la bénédiction de « Chehe’heyianou » sont permis à toutes les communautés immédiatement à la sortie du jeûne.

90. Pour les Ashkénazes, manger de la viande et boire du vin sont interdits jusqu’au lendemain matin, bien que le jeûne ait été repoussé ; pour les Séfarades, c’est permis immédiatement à la sortie du jeûne.

91. Il y a lieu de s’interroger s’il est permis d’écouter de la musique [comme le reste de l’année] dès la sortie du jeûne ; ceux qui sont indulgents ont sur qui s’appuyer.

92. On fait la havdala sur une coupe de vin, on dit la bénédiction sur le raisin et la bénédiction « Hamavdil bein kodech le’hol » ; celui qui fait la havdala boit la coupe, et il n’est pas nécessaire de la donner à un enfant.

93. On ne récite de bénédiction ni sur les aromates ni sur la bougie, et on ne dit pas les versets qui précèdent la bénédiction de havdala — pour les Ashkénazes « Hiné Kel yechouati... », et pour les Séfarades « Richon leTsion... ».

94. Puisque la nétilat yadaïm du matin n’a été faite que jusqu’aux articulations des doigts, il faut veiller à la sortie du jeûne à se laver toute la main trois ou quatre fois [chacun selon son usage].

Ordre des prières de Ticha BeAv cette année (selon le rite ashkénaze)

95. Ordre de la prière d’Arvit à la synagogue : le chalia’h tsibbour dit le Kaddich Titkabel après la Chemoneh Esreh ; on récite « Boré méoré haech » sur deux bougies ; on lit la Meguilat Eikha ; on dit les kinot ; « VeAta Kadoch » ; on ne dit pas « Vihi Noam » ni « Veyiten Lekha » ; Kaddich sans « Titkabel » ; Aleinou.

96. Une personne qui prie seule chez elle la nuit de Ticha BeAv lira la Meguilat Eikha sans bénédiction, même si elle possède une meguila cachère. Les femmes n’ont pas l’usage d’écouter la Meguilat Eikha.

97. Pour ceux qui ont l’usage de dire Tikkoun ‘Hatsot à midi pendant Bein Hametsarim, l’avis de la Michna Broura (Biour Halakha, siman 551, se’if 16, s.v. be’hafifat) est de ne pas dire Tikkoun ‘Hatsot la veille de Ticha BeAv. Mais l’avis du Kaf Ha’Haïm (siman 551, s.k. 223) est de le dire, mais précisément avant la prière de Min’ha. Toutefois, cette année, où cela tombe la veille de Chabbat, on ne le dit pas selon tous les avis.

98. La nuit même de Ticha BeAv, on dit seulement Tikkoun Ra’hel, et le jour on ne le dit pas du tout. Toutefois, cette année, qui est une année de chemitta, on ne le dit pas du tout, même la nuit.

99. Ordre de la prière de Cha’harit : on dit les korbanot comme d’habitude ; on dit « Mizmor letoda » ; le chalia’h tsibbour ajoute « Anénou » dans la répétition de la Chemoneh Esreh ; les cohanim ne montent pas au doukhan ; le chalia’h tsibbour dit ‘Hatsi Kaddich ; on ne dit pas « Avinou Malkénou » ni Ta’hanoun ; lecture de la Torah et haftara ; on ramène le Séfer Torah et on dit les kinot jusqu’un peu avant midi ; « Achré » et « Ouva letsion » ; on ne dit pas « Lamnatséa’h », et on saute « VaAni zot beriti » ; Kaddich sans Titkabel ; Aleinou ; Meguilat Eikha.

100. L’objectif n’est pas de terminer les kinot imprimées dans le livre, mais de s’occuper du deuil jusqu’un peu avant midi. Il n’y a donc aucun intérêt à dire les kinot rapidement pour réussir à tout terminer ; mieux vaut un peu avec kavana que beaucoup sans kavana. Si l’on a terminé tôt, on continuera à s’occuper d’autres sujets de deuil.

101. Notre usage est de s’envelopper dans le talit gadol et de mettre les tefilin à la prière de Min’ha et non à Cha’harit ; certains Séfarades s’en enveloppent et les mettent à Cha’harit.

102. Selon notre usage, on porte le talit katan le matin sans bénédiction, et on ne tient pas les tsitsit pendant « Baroukh Cheamar » ni pendant le Keriat Chema. Un jeune homme ashkénaze qui ne porte pas de talit met le talit katan [tsitsit] le matin, et ne récite la bénédiction dessus qu’à la prière de Min’ha après avoir de nouveau touché ses tsitsit. Un homme marié ou un jeune homme qui a l’usage de porter un talit s’enveloppe dans le talit gadol à Min’ha et récite la bénédiction, acquittant ainsi le talit katan [tsitsit].

103. Celui qui dit Chir HaChirim et Perek Chira chaque jour les dira à Ticha BeAv après la sortie du jeûne.

104. Bien qu’en général il soit interdit de manger avant de mettre les tefilin, un malade qui mange à Ticha BeAv peut manger à Cha’harit même s’il n’a pas encore mis les tefilin.

105. Ordre de la prière de Min’ha : on s’enveloppe dans le talit et on met les tefilin ; Chir chel yom ; Ein Kelokénou ; Achré et ‘Hatsi Kaddich ; lecture de la Torah [sans Kaddich après] et haftara ; on ramène le Séfer Torah, et le chalia’h tsibbour dit ‘Hatsi Kaddich ; on dit « Na’hem » et « Anénou » ; « Sim chalom » ; le chalia’h tsibbour dit « Anénou » dans la répétition ; Birkat Cohanim ; Kaddich Titkabel ; Aleinou.

106. On dit « Na’hem » dans la prière de Min’ha, dans la bénédiction « Veliyerouchalayim irkha », et même un malade qui ne jeûne pas le dit. Certains membres des communautés orientales disent « Na’hem » dans les trois prières.

107. Après Arvit, on fait la havdala et on goûte, puis on dit le Kiddouch Levana avec des chaussures.

Source

Azmera Lichmekha (bulletin 175).