Rancunes et Vengeance dans la Torah
Question
Réponse
Shalom!
Merci pour votre question.
Supposons que Réouven demande à Shimon s'il peut emprunter un marteau, mais Shimon refuse. Le lendemain, Shimon demande à Réouven s'il peut emprunter une hache. Si Réouven dit à Shimon : « Tu ne m'as pas prêté ton marteau hier, donc je ne te prêterai pas ma hache », il a violé l'interdiction de se venger. Si Réouven accepte de prêter la hache à Shimon, mais fait un commentaire tel que « Je te prête ma hache parce que je ne suis pas comme toi », il a violé l'interdiction de garder rancune. Même prêter la hache sans commentaire, mais de manière clairement peu enthousiaste, est également considéré comme une violation de garder rancune.
Bien que la Torah interdise strictement de se venger et de garder rancune, ces transgressions ne sont pas punissables dans un beit din . Cela est dû au fait qu'aucune de ces interdictions n'implique de réaliser une action ; elles sont essentiellement des « péchés du cœur », pour lesquels beit din ne peut pas punir. Il existe certains cas où un érudit de la Torah qui a été publiquement insulté est autorisé à garder rancune et même à se venger si la partie offensante refuse de s'excuser.
Il arrive parfois qu'une personne n'assiste pas à une simcha d'une autre personne parce que cette dernière n'a pas assisté à une simcha que la première avait organisée. Malheureusement, cette attitude et ce comportement peuvent constituer une violation à la fois de « garder rancune » et de « se venger ». Celui qui agit ainsi est considéré comme suivant les voies de Kamtsah Ubar kamtsah qui ont causé la destruction du Beis Hamikdosh, et se comporter de cette manière empêche la reconstruction du Beis Hamikdosh. (Bien sûr, lorsqu'on est légitimement incapable d'assister à une simcha (ou à un autre événement), on n'a pas à se soucier de ce que les autres pourraient penser.)
Sources : Yoma 23a; Kitzur Shulchan Aruch 30:7,9; Mesillat Yesharim 11; Rambam, Hilchot De’ot 7:7; Chinuch 241; Rambam, Hilchot Talmud Torah 7:13.